Saviez-vous que chez un chien à pelage long et dense, jusqu’à 30 % des protéines consommées peuvent être mobilisées uniquement pour le renouvellement des poils pendant la mue ? La peau et le pelage ne sont pas que des critères esthétiques : ils représentent la première ligne de défense de l’organisme.
Un rôle vital pour l’organisme
La peau est l’organe le plus vaste du corps du chien et peut représenter jusqu’à un quart du poids d’un chiot nouveau-né. Les poils sont quant à eux composés à 90 % de protéines. Un apport de qualité est donc crucial, car tout déséquilibre nutritionnel se répercute rapidement sur l’aspect extérieur de l’animal.
Les besoins recommandés
Pour un chien adulte au repos : au moins 45 g de protéines pour 1000 kcal d’énergie métabolisable.
Pour une chienne gestante ou allaitante : le besoin s’élève à 62,5 g/1000 kcal.
Le seuil minimal recommandé est de 18 % de la matière sèche (MS) pour un chien adulte à l’entretien.
Focus sur les acides aminés : les bâtisseurs de santé
La quantité de protéines ne suffit pas ; il faut aussi veiller à la présence des 10 acides aminés indispensables (AAI) que le chien ne peut pas fabriquer lui-même.
Pour la kératine : La méthionine et surtout la cystéine permettent d’établir les liaisons nécessaires à la structure solide des poils.
Pour la pigmentation : La tyrosine et la phénylalanine garantissent l’expression optimale de la couleur de la robe.
Pour la régénération : La glutamine et l’arginine sont essentielles au renouvellement rapide des cellules de l’épiderme et à la synthèse du collagène.
Signes d’alerte : Comment reconnaître une carence ?
Signes d’alerte : Comment reconnaître une carence ?Une carence ou un déficit en acides aminés entraîne des répercussions visibles rapidement :
Pelage terne et cassant : Diminution du diamètre du poil et de la taille des bulbes pileux.
Alopécie : Apparition de plaques de peau nue car les follicules pileux entrent prématurément en phase de repos.
Modification de la couleur : Le pelage noir peut prendre des reflets roux ou les poils fauves peuvent s’éclaircir par manque de tyrosine.
Fragilité cutanée : La peau devient plus fine, perd sa fonction de barrière et devient plus sensible aux infections ou aux ulcères.
Cicatrisation lente : Les carences perturbent toutes les phases de la réparation tissulaire.
Vigilance sur les régimes spécifiques
La digestibilité des protéines varie : elle est de 80 à 90 % pour les protéines animales, contre seulement 70 à 80 % pour les protéines végétales.
L’avis de l’expert : Si votre chien suit un régime “atypique” (sans céréales, végétarien, BARF ou à base d’insectes), celui-ci doit impérativement être prescrit et suivi par un vétérinaire. Seul un professionnel peut s’assurer que la composition et la digestibilité des protéines sont suffisantes pour éviter tout risque de carence en acides aminés indispensables.
Source : Extrait de l’article “Les protéines en dermatologie canine”, Magazine LIGNÉES, N° 59 – Trimestriel – Juillet 2024.