Pourquoi mon chien mange-t-il des excréments ? Comprendre et gérer la coprophagie

La consommation de déjections, bien que répugnante pour les propriétaires, est un comportement documenté par la science qui trouve ses racines dans l’évolution de l’espèce canine.
​Un héritage génétique et une stratégie de survie
​Des études scientifiques suggèrent que la coprophagie est une adaptation évolutive héritée du loup. À l’état sauvage, ce comportement répondait à deux besoins vitaux :
​L’hygiène de la meute : En mangeant les selles fraîches déposées près de la tanière, les ancêtres du chien éliminaient les risques de parasitisme. Les œufs de parasites présents dans les déjections mettant souvent au moins deux jours avant de devenir infectieux, une ingestion immédiate permettait de “nettoyer” l’environnement avant qu’il ne devienne dangereux pour le groupe.
​Le recyclage des nutriments : En tant qu’opportuniste alimentaire, le chien sauvage pouvait ainsi récupérer des vitamines et des protéines non digérées lors d’un premier passage, une ressource précieuse en période de pénurie.
​Comportement habituel vs Signal d’alerte
​Il est essentiel de distinguer l’instinct naturel du changement de comportement soudain :
​Le trait de caractère dès le jeune âge : Si un chien adopte ce comportement depuis qu’il est chiot, il s’agit souvent d’un trait inscrit dans son patrimoine génétique. L’étude de Hart (2018) montre qu’environ 16 % des chiens sont des consommateurs fréquents, sans que cela soit lié à un manque de soins.
​Le changement brutal chez le chien adulte : C’est le principal signal d’alerte. Si un chien qui n’a jamais manifesté ce comportement de sa vie se met soudainement à manger des excréments à l’âge adulte, cela peut révéler un problème de santé (carences, parasites sévères ou troubles métaboliques). Une consultation vétérinaire est alors indispensable.

​Comment y remédier (surtout chez les jeunes) ?

​Même si c’est “naturel”, ce comportement n’est pas idéal pour l’hygiène. Voici comment agir :
​Gestion de l’environnement : La méthode la plus simple reste le ramassage immédiat des selles pour supprimer la tentation.
​Éducation par le détournement : Dès que le chien a fini ses besoins, rappelez-le immédiatement pour lui donner une friandise de haute valeur. L’objectif est qu’il associe le fait de “faire ses besoins et revenir vers vous” à une récompense bien plus intéressante que les selles.
​Apprentissage du “Pas toucher” : Travaillez cet ordre de manière intensive pour pouvoir stopper le chien à distance s’il s’approche d’une déjection en balade.
​Occupation et satiété : Assurez-vous que le chien a suffisamment d’activités et que ses repas sont bien répartis pour éviter l’ennui ou la faim excessive.
​Conclusion
​Si la coprophagie fait partie du bagage biologique du chien, tout changement de comportement du jour au lendemain doit vous alerter. Pour les plus jeunes, la patience et une bonne gestion de l’espace permettront de limiter ce réflexe ancestral peu ragoûtant.
​Sources et références
​Hart, B. L., et al. (2018). The paradox of canine conspecific coprophagy. Veterinary Medicine and Science.
​Boze, B. V. (2008). A comparison of common treatments for coprophagy in dogs. Applied Animal Behaviour Science.
​McKeown, D., et al. (1988). Coprophagia: Food for thought. Canadian Veterinary Journal
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