Le syndrome du lait toxique est souvent pointé du doigt lorsqu’une portée de nouveau-nés présente des troubles digestifs soudains ou une mortalité inexpliquée. Mais qu’en est-il réellement ? S’agit-il vraiment d’un lait devenu « poison » ou d’autres facteurs sont-ils en jeu ?
Qu’est-ce que le syndrome du lait toxique ?
Ce syndrome désigne une affection des nouveau-nés causée par une contamination bactérienne (ou par des toxines) du lait maternel.
Apparition : Généralement entre le 6ème et le 10ème jour après la naissance, parfois dès les deux premiers jours.
Symptômes : Douleurs abdominales, diarrhées, et dans les cas les plus graves, le décès d’un ou plusieurs chiots de la portée.
Le lait est rarement stérile
Il est important de savoir que la simple présence de bactéries dans le lait ne signifie pas que la chienne est malade.
Un microbiote spécifique : Chez 90 % des chiennes en bonne santé, des souches bactériennes (staphylocoques, entérocoques, E. coli, etc.) sont naturellement présentes dans le colostrum et le lait.
Contamination externe : Les chiots peuvent contracter des bactéries par d’autres voies que l’allaitement : peau, salive, fèces ou sécrétions vaginales de la mère, mais aussi via l’environnement.
La mammite : quand le lait devient un risque
Le véritable danger survient lorsque la chienne développe une mammite (inflammation des glandes mammaires).
Mammite clinique : Les mamelles sont gonflées, chaudes et douloureuses. La température de la chienne augmente et l’aspect du lait change.
Mammite subclinique : Plus difficile à détecter, elle ne présente pas de signes visibles chez la mère mais se caractérise par une concentration anormalement élevée de globules blancs dans le lait.
Diagnostic et réflexes à adopter
Lorsqu’un syndrome du lait toxique est suspecté, le premier réflexe est souvent de retirer les chiots de la mère pour les nourrir au lait maternisé.
Le test du diagnostic “thérapeutique” : Si l’état des chiots s’améliore rapidement après l’arrêt de l’allaitement maternel (sans antibiothérapie simultanée), cela peut confirmer le diagnostic.
Origine des bactéries : Elles proviennent souvent de l’intestin de la chienne (axe entéro-mammaire) ou d’une infection utérine (métrite) qui diffuse dans le sang jusqu’aux mamelles.
Conclusion
Dans l’état actuel des connaissances, si la chienne ne présente pas de symptômes de mammite, le lait maternel est rarement la source principale de contamination bactérienne chez le chiot. Une hygiène rigoureuse de l’environnement et une surveillance de la santé globale de la mère restent les meilleures préventions.
Source : D’après une conférence du Dr Sylvie Chastant (DMV, PhD, dipl. ECAR), parue dans la revue LIGNÉES n°60 – Octobre 2024.