Enquête : Pourquoi l’abandon des chiens en France est-il indissociable des circuits de vente “hors cadre” ?

​Le premier rapport du CNR BEA (Centre National de Référence pour le Bien-Être Animal) publié en 2022 apporte un éclairage inédit sur les racines de l’abandon. L’analyse des données montre que la défaillance ne vient pas des élevages professionnels, mais d’un manque de contrôle des cessions entre particuliers.
​L’identification manquante : la signature du circuit non professionnel
​En France, l’identification (puce ou tatouage) est une obligation légale pour toute cession de chien, gratuite ou payante. Pourtant, les chiffres de l’errance et de l’abandon révèlent une réalité tout autre :
​Le constat des fourrières : Une part massive des chiens recueillis n’est pas identifiée. Or, un éleveur professionnel, soumis à des contrôles stricts, cède systématiquement des animaux identifiés et enregistrés.
​La conclusion logique : L’omniprésence d’animaux “inconnus” dans le fichier national I-CAD prouve que ces chiens sont issus de portées de particuliers ou d’élevages non déclarés, où la loi sur la traçabilité est largement ignorée.
​Le rôle majeur des plateformes de vente en ligne
​Le rapport désigne sans ambiguïté le principal vecteur de l’abandon : les sites de petites annonces et les réseaux sociaux.
​Le diagnostic des experts : 100 % des responsables de refuges interrogés considèrent que les ventes entre particuliers sur internet sont le mode d’acquisition favorisant le plus l’abandon.
​L’absence de garde-fous : Contrairement aux éleveurs dont c’est le métier, les vendeurs particuliers ne fournissent aucun conseil et ne vérifient pas les conditions d’accueil, facilitant ainsi les achats impulsifs qui se terminent souvent en abandon.
​Une déresponsabilisation croissante des propriétaires
​Le rapport met en lumière des statistiques alarmantes. Lorsque les structures parviennent à identifier un propriétaire :
​Le silence radio : Dans 30 % à 60 % des cas, le propriétaire ne répond même pas aux sollicitations de la fourrière.
​Le refus de récupération : Il est devenu “fréquent” que des propriétaires, une fois contactés, déclarent explicitement qu’ils ne souhaitent pas récupérer leur animal.
​Conclusion : Les éleveurs mis hors de cause
​Ce rapport permet de déconstruire une idée reçue : non, les éleveurs professionnels ne remplissent pas les refuges. Au contraire, les données démontrent que les animaux abandonnés proviennent quasi exclusivement de la production “grise” (particuliers, dons, ventes sauvages).
​Le travail de sélection, d’identification et de suivi réalisé par les vrais éleveurs constitue un rempart majeur contre l’abandon.
​Le message est clair : pour protéger les animaux et vider les refuges, il est crucial que les futurs propriétaires cessent d’acheter à d’autres particuliers sur internet. Pour une adoption responsable et sécurisée, le choix doit se porter uniquement vers des élevages professionnels déclarés ou des structures de protection animale.
Source officielle : Premier rapport du CNR BEA pour l’observatoire de la protection des carnivores domestiques (OCAD) 
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