La Leishmaniose Canine : Une menace qui gagne du terrain en France

​Longtemps cantonnée au bassin méditerranéen, la leishmaniose canine ne cesse de s’étendre vers le nord et l’ouest de la France. Cette maladie infectieuse grave, causée par le parasite Leishmania infantum, représente aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur, tant pour nos compagnons à quatre pattes que pour l’homme.
​Une expansion géographique préoccupante
​Historiquement présente dans le Sud, la maladie progresse désormais le long de la vallée du Rhône et remonte vers des départements auparavant épargnés.
​Zones à haut risque : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Corse (environ 2,5 % des chiens y sont symptomatiques).
​Nouvelles zones touchées : Des cas autochtones ont été signalés dans 25 départements du Nord et de l’Ouest (Bretagne, Normandie, Nord).
​Le facteur climatique : Le réchauffement climatique favorise l’activité des phlébotomes (petits insectes piqueurs ressemblant à des moucherons), dont la période d’activité s’étend désormais de mars à octobre.
​Comment se transmet-elle ?
​Le mode de transmission principal est la piqûre d’un phlébotome infecté. Cependant, l’article souligne d’autres vecteurs importants :
​Les voyages : Un chien voyageant dans le Sud peut ramener le parasite et devenir un “réservoir” dans sa région d’origine.
​La voie vénérienne : La transmission peut se faire lors de la reproduction.
​Le délai d’incubation : Très variable, les signes peuvent apparaître entre 2 mois et 8 ans après la piqûre.
​Reconnaître les signes d’alerte
​La maladie peut être discrète au début. Il faut surveiller :
​Le “chancre d’inoculation” : Une petite lésion cutanée qui ne guérit pas, souvent sur l’oreille ou le museau.
​Lésions cutanées : Pellicules (squames), perte de poils autour des yeux, ou ulcères.
​État général : Fatigue, amaigrissement (parfois spectaculaire malgré un bon appétit), augmentation de la taille des ganglions.
​À noter : Certaines races comme le Boxer, le Cocker, le Rottweiler ou le Berger Allemand semblent plus sensibles à la maladie.
​Prévention et Vigilance : Les bons réflexes
​Puisqu’il est difficile de guérir totalement un chien de la leishmaniose (on stabilise souvent la maladie sans éliminer totalement le parasite), la prévention est primordiale :
​Protection insecticide : Utiliser des colliers ou pipettes spécifiques repoussant les phlébotomes.
​Vaccination : Discutez avec votre vétérinaire des vaccins disponibles pour renforcer l’immunité de votre chien.
​Dépistage : Un test sanguin (sérologie ou PCR) est recommandé, surtout pour les chiens provenant de zones à risque ou après un voyage.
​Éviter l’exposition : Rentrer les chiens à l’intérieur dès le crépuscule, période où les phlébotomes sont les plus actifs.
​Une zoonose à ne pas négliger
​La leishmaniose est une zoonose, ce qui signifie qu’elle est transmissible à l’homme (via le phlébotome). L’OMS la classe parmi les maladies prioritaires à l’échelle mondiale. Protéger son chien, c’est aussi limiter les réservoirs de la maladie pour la santé humaine.
1. Le Traitement : Gérer une maladie chronique
​Il est important de comprendre que, dans la majorité des cas, on ne parle pas de “guérison totale” (élimination du parasite), mais de “guérison clinique”. Le but est de réduire la charge parasitaire pour que le chien ne présente plus de symptômes et ne soit plus une source de contamination pour les phlébotomes.
​Le protocole standard : Il combine généralement deux types de médicaments :
​Le traitement d’attaque : Souvent à base d’antimoniate de méglumine (injections) ou de miltefosine (solution buvable). Il vise à réduire rapidement le nombre de parasites.
​Le traitement de fond : L’allopurinol (comprimés) est prescrit sur le long terme (souvent plusieurs mois, voire à vie) pour empêcher le parasite de se multiplier à nouveau.
​Le suivi médical : Un chien traité doit être testé régulièrement (tous les 6 mois ou tous les ans) par des bilans sanguins pour surveiller le fonctionnement de ses reins, car la leishmaniose s’attaque souvent à la fonction rénale.
​Le coût : C’est une maladie coûteuse sur la durée, d’où l’importance capitale de la prévention.
​2. Fiche Pratique : “Mon chien en zone à risque”
​Voici un guide de conduite pour tout propriétaire vivant ou voyageant dans le Sud ou les zones de progression (vallée du Rhône, Ouest).
🛡️ Protection (Le bouclier externe)
​Produits “Répulsifs” : Utilisez exclusivement des produits (colliers, pipettes) ayant une action prouvée contre les phlébotomes. Tous les anti-puces ne font pas anti-phlébotomes !
​Rythme : Soyez rigoureux sur les dates de renouvellement. Un oubli de 15 jours en été suffit pour une contamination.
🏠 Habitat (Réduire l’exposition)
​L’heure critique : Les phlébotomes sont actifs entre le coucher du soleil et l’aube. Rentrez votre chien à l’intérieur dès la tombée de la nuit.
​Moustiquaires : Si possible, utilisez des moustiquaires à mailles très fines (les phlébotomes sont plus petits que les moustiques classiques).
​Ventilation : Ces insectes volent mal ; un ventilateur peut les empêcher d’approcher de la zone de couchage du chien.
💉 Santé (Le bouclier interne)
​La Vaccination : Elle ne remplace pas les répulsifs, mais elle permet au système immunitaire du chien de mieux se défendre s’il est piqué. Elle se fait après un test sanguin négatif.
​Stimulants immunitaires : Il existe des sirops (comme la dompéridone) qui peuvent être prescrits par périodes pour booster les défenses naturelles.
🔍 Surveillance (L’œil du maître)
​Faites un “check-up” visuel une fois par mois. Cherchez :
​Une fatigue inhabituelle.
​Des croûtes sur le bord des oreilles ou sur la truffe.
​Une pousse anormale des griffes (onychogriffose).
​Un amaigrissement alors que le chien mange normalement.
​Que faire si mon chien est positif ?
​Ne pas paniquer : Prise à temps, la maladie se gère très bien et le chien peut vivre de nombreuses années.
​Stérilisation : Comme mentionné dans vos documents, il est déconseillé de faire reproduire un chien positif (risque de transmission vénérienne ou de la mère aux chiots).
​Traitement préventif insecticide : Même si le chien est malade, il doit porter un collier répulsif pour éviter qu’un phlébotome ne le pique et ne transmette ses parasites à d’autres chiens ou à vous-même.
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